Streamlike player
  • fr - 1
    1- De l'enfance parisienne à la montée des périls des années 1930.
  • fr - 2
    2- L'invasion allemande, les premières mesures antijuives.
  • fr - 3
    3- "On était persuadés qu'il ne nous arriverait rien", avec les Eclaireurs israélites.
  • fr - 4
    4- "On a traversé Drancy en chantant." De l'arrestation des éclaireuses à l'arrivée à Birkenau.
  • fr - 5
    5- "Comme des bêtes." le bloc de quarantaine, les chambres à gaz.
  • fr - 6
    6- "L'entraide entre déportées, c'était la parole. On n'avait rien d'autre à donner."
  • fr - 7
    7- "Au fin fond de la Tchécoslovaquie", le camp de Weisskirchen-Kratzau.
  • fr - 8
    8- "Dans la nuit du 8 au 9 avril 1945, les SS se sont éclipsés."
  • fr - 9
    9- Difficile rapatriement.
  • fr - 10
    10- Retrouvailles en familles, convalescence.
  • fr - 11
    11- "Personne ne nous croyait".
  • fr - 12
    12- Témoigner : "Un homme averti en vaut deux."
  • Yvette Levy, une scout déportée juste avant la libération.

    Après le débarquement de juin 1944, le plan d'extermination des nazis s'emballe. Scout chez les Eclaireurs israélites de France, Yvette Lévy est arrêtée à 18 ans et déportée vers Birkenau avec ses compagnes, fin juillet 1944,trois semaines avant la libération de Paris.

    Témoignage recueilli en 2004 par le Mémorial de la Shoah et la Mairie de Paris.

    Biographie :

    Yvette Dreyfus (épouse Lévy) est née à Paris en 1926, de parents juifs, originaires d'Alsace. Son père étant embauché par les Grands Moulins de Pantin, la famille déménage à Noisy-le-Sec, en banlieue
    parisienne. Elle est élevée, avec ses deux frères, dans le respect des traditions juives, mais ses parents sont "plutôt modernes". La perspective de la guerre avec l'Allemagne nazie n'inquiète guère les Dreyfus : "On n'y prêtait pas attention." Après l'exode qui emmène la famille jusqu'à Tours, sous le feu constant de l'aviation de l'Axe, les Dreyfus reviennent à Noisy et subissent bientôt les premières mesures antijuives : "Rentrer à l'école avec l'étoile, c'était pas facile." L'hostilité d'une de ses professeurs la pousse à rejoindre un cours commercial. Pourtant, "on était persuadés qu'il ne nous arriverait rien", se souvient-elle.

    Monitrice aux Eclaireurs israélites de France, Yvette accueille, rue Claude-Bernard à Paris, des enfants de déportés, jusqu'à leur dispersion dans la clandestinité. Son groupe d'éclaireuses est arrêté par la Gestapo le 22 juillet 1944, et transféré à Drancy, où elles arrivent "en chantant pour garder le moral". La libération semble proche, et les jeunes filles sont convaincues d'échapper à la déportation. Pourtant, le 31 juillet, elles partent pour Auschwitz, dans un convoi de 1 300 personnes, dont un bébé de 15 jours né à Drancy, et beaucoup d'enfants. 

    Dans le bloc de quarantaine de Birkenau, les "demoiselles de Paris" sont mal accueillies par d'anciennes déportées d'Europe centrale. Elles découvrent l'horreur de l'extermination et des sélections. En octobre 1944, Yvette est transférée dans un camp de Tchécoslovaquie. Elle  travaille dans une usine d'armement, avec des ouvriers allemands et tchèques. Ce camp étant littéralement abandonné par les SS un jour d'avril 1945, Yvette et ses camarades organisent péniblement leur rapatriement en France.

    Mariée à un juif caché à Marseille durant la guerre, Yvette Lévy consacre depuis plusieurs années une partie importante de son temps à témoigner. Retourner à Birkenau est pour elle "une victoire sur les nazis" : "Nous sommes toujours là pour raconter ce qui s'est réellement passé."